Son Lux à l’Ancienne Belgique (17/02/2018)

27749923_10155565405529495_5734219954513444946_nAlors que je ressens un réel besoin de salles obscures de par ce temps mi-figue, mi-raisin, mi-hiver, mi-printemps, besoin lui-même non assouvi de par un agenda incompatible aux plages des bons films, c’est dans l’attente d’un beau spectacle musical-cinématographique que j’arrive à l’Ancienne Belgique pour voir et écouter le compositeur de publicités et de films Ryan Lott, membre fondateur de Son Lux.

Le concert est sold-out, je m’attends donc à une salle pleine à craquer du sol au plafond. Finalement, les balcons ne sont pas accessibles. Ambiance concert en cercle restreint, en adéquation avec les productions musicales intimistes du trio. La population est majoritairement jeune mais on aperçoit tout de même des fans de la première heure. Je me place devant la scène dans l’attente de l’arrivée de Ryan Lott accompagné du batteur (Ian Chang) et du guitariste (Rafiq Bhatia) avec une petite appréhension quant à mon appréciation du live imminent. N’étant pas ultra fan du quatrième et dernier album Brighter Wounds, un peu trop pop à mon goût avec une impression de manque d’originalité et de travail sur les sons typiques de Son Lux, j’attends du spectacle vivant de me donner tort, surtout avec le jeu de sept morceaux tout fraîchement sortis sur les onze de ce soir.

C’est donc entouré de petites étoiles posées sur les draps qui recouvrent les balcons que le trio arrive sur scène sous une acclamation et que commence le show d’une heure trente avec « The Fool You Need », paru sur Brighter Wounds. La frénésie de l’attente du groupe, les quelques gorgées de Duvel et la découverte scénique rendent le morceau efficace, appuyé par une transition sans coupure bien menée sur « Easy ».

La scène et les jeux de lumières sont sans fioriture, épurés et simples. La magie n’opère qu’à travers la voix angéliquement rocailleuse de Ryan Lott et la performance instrumentale de Ian Chang et Rafiq Bhatia. Rien à dire quant à la maîtrise du rythme si particulier qu’impose les créations de Son Lux. En parlant de maîtrise, c’est d’ailleurs à l’occasion du troisième morceau « Surrounded » que Ian Chang nous offre un solo de batterie malheureusement trop peu différent de la version enregistrée. Une petite impro n’aurait pas été de trop afin de donner cette petite touche « live, rien que pour vous ! ».

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On  enchaîne avec « You Don’t Know Me », morceau en collaboration avec Hanna Benn qui rejoint alors la scène. La voix cristalline de la chanteuse agrémentée d’un solo de guitare expérimental nous emporte. Mais malheureusement, pas très loin. Il manque quelque chose. Les morceaux « Labor », « Stolen » et « Slowly » se succèdent presque de façon mécanique. Pas ou peu de relation au public et encore une fois, la prestation live n’apporte pas grand-chose, en tout cas ne réussit pas à modifier mon opinion concernant le dernier bébé du groupe. Comme pour enfoncer le clou, c’est « Dream State » qui emplit l’AB et je ne peux m’empêcher de penser aux sombres heures de Coldplay. Ho, mais qu’est-ce qu’il se passe ? Qu’est ce qui m’arrive ? Mais oui ! Je bâille…

C’est alors au tour d’ »All Directions » qui, ça y est, m’embarque dans cet univers cinématographique. Coucher de soleil, pluie battante dans une rue, bois qui craque, en apesanteur dans l’espace, accélération, perte de repères… Un vrai bijou. « Aquatic » et « Lost It To Trying » finissent ce set empli d’un chaos rythmique structuré. Le rappel est l’occasion de la construction d’un morceau avec la participation du public invité à donner de la voix. Beau moment d’union qui conclue une soirée en demie teinte.

Merci à l’Ancienne Belgique.

Anaïs

Setlist

The Fool You Need // Easy // Surrounded // You Don’t Know Me // Labor  // Stolen // Slowly // Dream State // All Directions // Aquatic // Lost It To Trying

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