Sons of an Illustrious Father à l’Ancienne Belgique (28/05/2019)

sonsofanillustriousfather_300x666Pour être franche, j’ai un peu choisi d’aller voir Sons of an Illustrious Father par hasard, parce que j’aimais bien le nom du groupe et le nom du genre, « queer indiefolk postpunk« . Alors, cela valait-il le déplacement ? Analysons quelque peu ce live, voulez-vous.

Je suis arrivée à l’ouverture des portes. Beaucoup, beaucoup trop tôt… Du coup, j’ai pu faire la connaissance du public. Première surprise, celui-ci est très jeune. Tout juste la vingtaine pour la plupart je dirais. Communauté LGBTQ bien présente. Il faut savoir que ces trois New Yorkais se font régulièrement la voix de celle-ci. Mais tout d’abord, les présentations, par ordre charismatique croissant : Josh AubinLilah Larson et Ezra Miller (qui est aussi un acteur connu, sauf de moi. Il a joué, entre autres, dans Les animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald). Bref.

Avant d’entendre les Sons, cependant, j’ai eu droit à un ovni du feu de dieu, j’ai nommé Charismatic Megafauna. Trois p’tites nanas qui ont débarqué sur la scène de l’AB Club en salopettes tricotées avec des bouts de couvertures de survies. Vous voyez, celles qui ressemblent à de l’aluminium flottant. Elles ont joué une espèce de musique à percussion un peu indéfinissable avec une batterie, un ordinateur lâchant de temps en temps des beats en 8-bits (chiptune ou genre « comme dans les jeux vidéos des années 80″), une clochette, deux mini-percussions en plus et un micro. Les filles s’échangeaient leurs places et elles avaient vraiment l’air de s’éclater. Elles m’ont fait penser à l’enfant bâtard de The Slits (un des premiers groupes punk féminin, dans les années 70) et de Sexy Sushi. J’ai vraiment apprécié la performance artistique, mais les chansons étaient un peu trop calquées les unes sur les autres. Pas trop de ligne mélodique, énormément de percussions, et beaucoup trop de grosse caisse lors de certains passages. Par contre, des paroles qui soulèvent des questions (sur le sexe, le féminisme, l’accomplissement de soi,…). Conclusion : très divertissant !

Petite pause avant l’arrivée de Sons of an Illustrious Father (ci-après, dénommés SOAIF). La salle n’est qu’à demi-pleine. La scène change d’habillage et on y voit maintenant une guitare, un clavier et une batterie. Ici aussi tout le monde chante et tout le monde joue de tout. Pour le coup, à l’instar de Charismatic Megafauna, c’est sympa de brouiller les pistes et de détruire le système de catégorisation traditionnelle.

C’est Josh Aubin, au clavier, qui ouvre le bal. Il a une voix douce, apaisante. Il sera rejoint, en cours de prestation, par les deux autres. Les trois voix fonctionnent plutôt bien ensemble. Mais c’est lors de la deuxième chanson, entonnée par Ezra Miller, que je comprends réellement qui sont les deux chanteurs du groupe. Ce dernier, en effet, a une voix très présente, qui n’est pas sans rappeler celle de Marcus Mumford, des Mumford & Sons. La voix de Lilah Larson, qui est plus claire, moins rauque, mais tout aussi puissante, complémente la sienne à merveille. Le groupe enchaîne quatre chansons, interchangeant leurs instruments, leurs rôles. De manière générale, je note quand même qu’une configuration prévaut : Josh au clavier (et à la basse, le temps d’une chanson), Lilah à la gitare et Ezra à la batterie.

Le temps fort du concert se produit lorsque les trois compères se positionnent tout au bord de la scène, sans micro, avec juste la guitare de Lilah. Les fans ont apprécié ! L’une d’entre-elles avait amené un énorme panneau en carton comportant de nombreux messages avec, en grand, une représentation stylisée-manga des trois musiciens. Ceux-ci ont interagi avec le public un moment, c’était sympa. Tout au long du show d’ailleurs, ces trois-là n’arrêtaient pas de commenter, de faire des blagues et la chanteuse s’est arrêtée un moment sur le t-shirt d’une fan en s’exclamant « This is the best t-shirt I’ve ever seen. Homophobia is gay. Awesome. » (« C’est le meilleur t-shirt que j’aie jamais vu. L’homophobie, c’est gay. Génial.« ). Ils nous ont ensuite délivré un morceau a capella et c’était, je pense, mon passage préféré du concert.

Pour le reste du live, c’est à dire trois chansons, le schéma est revenu à celui du début. L’alchimie entre Josh, Ezra et Lilah est évidente et ils interprètent vraiment leur musique avec leurs tripes, sans retenue aucune. Sur la fin, après être sortis une première fois de scène, ils sont revenus pour un rappel et une dernière chanson pour terminer sur une dernière envolée de batterie. Fin du show.

© Ebru Yildiz

© Ebru Yildiz

Musicalement, ces trois-là sont très solides et travaillent et jouent en osmose totale, ce qui est très agréable à observer.

© Ebru Yildiz

© Ebru Yildiz

Je n’ai pas très bien repéré l’influence post-punk dans le bazar et de manière générale je n’ai pas trop accroché au style de musique, mais je pense que les adeptes du genre adoreraient/adorent. Personnellement, je suis mitigée. Quand la musique est bonne, ça devrait couler tout seul. Ben là, ce n’est pas trop le cas me concernant. Mais bon, cela n’engage que moi.

Joo.

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