Suuns au Botanique (06/04/2018)

suuns_300x666C’est sous les premières chaleurs estivales de 2018 que les montréalais de Suuns ont pu se livrer ce vendredi 06 avril au Botanique. Une prestation entre rock et électro qui m’a rendue mi-figue mi-raisin.

Nombreux sont ceux qui profitent encore du ciel bleu sur la terrasse du Botanique, liquide couleur soleil dans la main, quand j’arrive. Je décide d’entrer dans l’obscurité de l’Orangerie. Il y fait très noir. Il y a beaucoup de fumée. Des faisceaux bleus parcourent la salle. Il n’y a pas beaucoup de public. Le peu de personnes présentes sont assises, d’ailleurs. Un jeune homme mince joue sur son clavier et son ordinateur. C’est Obsequies, artiste belge qui vient de sortir son EP Organn fin 2017.  On entend des bruits divers formant une nappe sonore arythmée où des notes de pianos cristallines apparaissent pour la briser. Le corps distordu avec son t-shirt blanc en guise de seconde membrane l’artiste créé battements de cœur informatique et respiration technologique. Il semble sortir tout droit d’une autre planète ou d’un film qui se situerait entre Alien, L’Exorciste et Terminator. Pour ma part, l’intérêt musical est limité et il s’agit plus d’une performance artistique, même si ce n’est pas inintéressant. 20h33, il referme son ordinateur, salue le public qui l’applaudi. Pas sûre que ça me donne envie de concert tout ça.

obsequies

Les trentenaires à l’allure nonchalante qui composent la foule sont toujours dehors même si la fraîcheur a pris le pas. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre au vu des looks éclectiques qui défilent devant mes yeux, de la chemise en lin à la veste pouffante des années 90. Les gens arrivent en masse. Le merch’ est installé, simple. Les prix sont écrits au stiff sur un carton, on peut y acheter un CD/LP de chaque album et deux t-shirts différents. J’angoisse : on entend du zouk passer avant que Suuns commence… C’est pour chauffer le public à la place d’Obsequies ? Il y a de quoi se poser des questions. Je ne sais pas dans quoi je me suis embarquée car je ne connais le groupe que de quelques chansons entendues dernièrement qui me semblait plutôt rock… Soit. Le public est maintenant nombreux, même sortir de la salle est difficile.

SuunsLe groupe montréalais débarque. Depuis 2007, le quatuor québécois mixe rock et électro, tantôt sombre, torturé, atmosphérique, noisy, tantôt psyché, léger, joyeux. Ils nous plongent ici dans une boucle atmosphérique tandis qu’ils sont cachés par les spots lumineux puissants. Un beat électronique arrive et fait onduler le vin dans le verre qui se trouve derrière un de leurs amplis. Je commence à comprendre le « mélange entre le rock et l’électro ». Ils se mettent à jouer un titre à la sauce Temples qui vient du dernier album Felt, sorti ce mois-ci. Les têtes et les corps se balancent en rythme et les mains applaudissent chaleureusement. Il y a beaucoup de va-et-vient dans le public. C’est un bel éventail de leur discographie et on sent de nombreuses influences : on oscille entre psyché, noise, électro et punk. Certaines personnes se déhanchent comme des cobras devant une flûte. Sous les stroboscopes, l’effet répétitif est un peu abrutissant. Deux rappels, même si je n’arrive pas à savoir si le public est réellement conquis. Malgré tout, le stand de merch’ est envahi à la fin du concert.

Je reste sur ma faim, mitigée d’abord par le choix de la première partie, ensuite par la prestation des québécois, un peu trop entre deux mondes pour qu’on y trouve sa place.

Article & photos : Claire B. (Shasta Ulrich)

 


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