The Kills au VK (13/11/2016)

Ce week-end, le groupe anglo-américain The Kills est venu enflammer la scène belge pour la dernière date de leur tournée européenne, ou comment l’ennui annoncé d’un dimanche soir s’est transformé en une session garage rock au VK.

Il est 19h30, heure d’ouverture des portes, et déjà la file grandit devant la salle mythique Bruxelloise, le sold-out ayant été annoncé il y a maintenant bien longtemps. Le temps d’apprécier brièvement l’effusion du bar, et me voilà propulsé dans la salle déjà quasi comble, prêt à en découdre avec cette première partie inconnue au bataillon : Georgia.

Pression palpable pour cette jeune artiste londonienne qui avait la lourde tâche d’échauffer une foule somnolente, et c’est sans tarder que les premiers coups de grosse caisse ont retenti. Georgia c’est une voix, une batterie et quelques claviers, un rythme rock porté par des sonorités électriques, pour un résultat assez mitigé.

Il faut bien l’avouer, techniquement tout est maîtrisé, malheureusement, passé la surprise de la découverte, la curiosité se transforme progressivement en ennui. Musicalement convaincant, le sentiment naissant d’entendre une succession de chansons d’amour mielleuse me fait trop vite déchanter : poings serrés, yeux fermés, voix tremblante, peut-être aurais-je préféré un peu moins d’engagement. Comme plusieurs spectateurs alentour, me voilà figé, les pieds bien ancrés dans le sol, attendant patiemment la fin de son set, qu’importe…

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Calme avant une tempête annoncée, un rapide coup d’œil suffit à confirmer ce que nos corps compressés nous laissent déjà penser : la salle n’en fini pas de se remplir. Et c’est au milieu de cette foule compacte qu’une longue attente va commencer…

On ne présente plus The Kills, groupe de rock anglo-américain venu ce soir avec leur dernier album Ash & Ice au bout des doigts. Et c’est donc après trente minutes de patience, et à peine montés sur scène que Jamie Hince et Alison Mosshart vont faire vibrer le VK.

Pas de temps mort ni d’échauffement, dans un rythme effréné ils enchaînent les premiers morceaux, nous offrant un spectre d’intensité fascinant, tantôt d’une force rugueuse et brute, tantôt d’une complicité touchante et émouvante. Les corps commencent enfin à se lâcher, les têtes et les épaules à bouger, l’onde d’énergie grandissante est maintenant manifeste.

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Évidemment, leur présence et leur attitude exubérante est digne de leur statut de rock-star : ils haranguent la foule, sautent, hurlent, dansent, jouent. Et c’est peut-être là le vrai tour de force de l’intégralité de leur show, la simplicité déconcertante avec laquelle ils s’amusent, avec laquelle ils se lâchent, tout en nous emportant avec eux.

Les sons lourds et puissants s’enchaînent, et malgré le plaisir coupable d’entendre les enceintes grésiller sous les riffs de guitare électrique, le rythme soutenu et discontinu me fait parfois perdre le fil. Peut-être aurais-je aimé plus de variations, profiter pleinement de moments d’accalmie pour exacerber les instants de violence… C’est malgré tout dans le bruit et la sueur que se termine le concert, et après un rappel efficace de plusieurs morceaux, il est temps de partir.

Finalement, c’est sans surprise que The Kills a offert un show réussi, sans coquilles et sans ennui, et bien qu’il ait manqué un peu de folie dans tout ce vacarme millimétré, le résultat est bien loin de la déception.

Alex

Setlist

Heart of a Dog // U.R.A . Fever // Kissy Kissy // Hard Habit to Break // Impossible Tacks // Black Ballon // Doing it to Death // Baby Says // Dead Road 7 // Tape Song //
Echo Home // Bitter Fruit // Whirling Eye // Pots and Pans // Monkey 23 //
That Love // Siberian Night // Love is a Deserter // Sour Cherry

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