The Picturebooks à l’Ancienne Belgique (03/11/2015)

thepicturebooks_300x666Quand l’Ancienne Belgique décide de mettre en place une soirée aux sacrés relents de blues, elle met les petits plats dans les grands. En effet, en ce mardi qui n’avait somme toute rien de transcendant à proposer, la salle bruxelloise a décidé de faire venir dans son club les petits génies de The Picturebooks, accompagnés ce soir de The Loranes. Compte rendu.

Alors que les notes pop de la première partie de Beach House, qui jouent ce soir dans la grande salle, retentissent dans le bar de l’entrée, on se dirige à l’étage, dans la configuration club de l’endroit. Petite salle intimiste qui peut accueillir trois cents personnes, elle est déjà bien remplie alors que les membres de The Loranes ont pris place sur la scène. Trio allemand venu tout droit de Berlin, ils sont sur les routes depuis quatre semaines, dont deux passées et une à venir avec The Picturebooks. Eux aussi pratiquent le blues, mais pas forcément dans sa forme la plus brute. Car si l’on apprécie la lourdeur mêlée à la sensualité de certains morceaux, d’autres sonnent plus creux, un peu comme une bande originale de film beaucoup trop entendue. Malgré tout, ils nous font passer un agréable moment et étaient certainement les mieux placés pour introduire sans pour autant faire de l’ombre à la tête d’affiche à venir.

theloranes_850x300On avait déjà vu celle-ci il y a à peine plus d’un an lors de la première édition du Desertfest qui prend place au Trix à Anvers, et on avait pris une sacrée déculottée. Déjà séduits par leur album Imaginary Horse, on avait été subjugués par la force déployée en live, et ce par seulement deux types (baraqués certes, mais tout de même). Du coup, c’est munis d’une excitation certaine qu’on les regarde entrer sur scène et prendre place derrière leurs chers instruments. Car oui, The Picturebooks, c’est vraiment une histoire d’amour de la musique et on sent que sans cela ils ne sont rien. Ou pas grand chose. Dévoués comme jamais, c’est dans un esprit totalement DIY qu’ils sillonnent les routes (c’est d’ailleurs leur première véritable tournée européenne à laquelle on assiste, et elle s’étale du 26 septembre au 5 décembre !) et ça se ressent. Le chanteur ne cessera en effet de nous remercier de notre présence, petites étoiles dans les yeux et sourire candide, et quand il nous explique que le batteur a eu un accident de moto trois semaines avant leur grand départ pour l’Europe, que le médecin lui avait interdit de partir mais qu’il l’a fait quand même, massage à la clé à chaque sortie de scène, on ne peut qu’admirer l’abnégation sans limite.

thepicturebooks_850x300Mais revenons-en à la musique. Alors que le batteur prend place derrière ses fûts qu’il martèlera d’une force incroyable pendant une heure, le guitariste s’arme de sa guitare semi acoustique et c’est dans une intro lourde à souhait, celle de l’album, qu’ils entament leur set. Dès lors, on sait qu’on va en prendre plein la tronche. Et l’enchainement avec « PCH Diamond » ne fait que renforcer cette idée. Véritable pépite blues crasseuse et voluptueuse à la fois, elle nous ramène plusieurs décennies en arrière, à une époque où on considérait qu’il ne fallait pas grand chose pour faire de grands morceaux. Et alors que la nervosité du batteur nous saute aux yeux (à la limite des symptômes de l’autisme, il se balance d’avant en arrière sur son siège de batterie), on se laisse séduire par celle du chanteur/guitariste qui ne cesse de faire des allers-retours sur la scène, muni de son instrument dont il changera plusieurs fois au fil du concert et dont il jouera même avec les dents (Jimmy si tu nous regardes). Il faut dire que les morceaux prennent une toute autre dimension en live et que des morceaux tels que « Tears Of Gold » ou encore « Hail These Words » sonnent presque métal dans ce contexte. Il y a également « E.L.I.Z.A.B.E.T.H. » et « All Of My Life » qui furent de réels moments de plaisir, mais la palme revient à l’interprétation de « The Rabbit And The Wolf », qui a permis au public de se défouler sans se faire prier. Et alors qu’ils concluent leur set par un délicieux « Your Kisses Burn Like Fire », le leader nous explique qu’il va falloir redoubler de cris et autres applaudissements pour faire remonter sur scène le batteur, visiblement en souffrance (le pauvre aura tremblé du bras entre chaque morceau). Et comme on est égoïstes, on hurle et s’époumone, le tout pour un rappel déroutant. Le duo nous a en effet concocté une reprise du célèbre « Lucky Star » de Madonna, ici évidemment méconnaissable mais tellement plaisant (sauf pour le batteur qui apparemment déteste ce morceau). C’est donc dans un état entre émerveillement et plénitude que l’on ressort de cette salle, munies de nos vinyls, tee-shirts, badges, stickers, affiches, bref, de tout ce que l’on a pu emporter avec nous en plus de nos souvenirs sonores. Vivement la prochaine !

Merci à Kevin pour l’accréditation et le pass photos, ainsi qu’à toute l’équipe de l’AB pour l’organisation de cette soirée dont on se souviendra longtemps.

Hélène

Setlist

Imaginary Horse // PCH Diamond // Hide // Tears Of Gold (Woman) // Learn It The Hard Way // Hail These Words // E.L.I.Z.A.B.E.T.H. // The Rabbit And The Wolf // All Of My Life // Your Kisses Burn Like Fire // Rappel : cover Lucky Star de Madonna

Crédit photos : Elodion

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