The Progerians au Magasin 4 (25/05/2019)

theprogeriansrelease_300x666Le 25 mai, j’ai enfin pu revoir les Progerians sur scène. Je les avais interviewés en prévision de cette release party, je savais donc de quoi il allait retourner. Néanmoins, je me demandais si le concert allait être fort différent de celui auquel j’avais assisté des siècles auparavant, dans une grange du fin fond du trou de Rebecq. Et bien c’était comme manger un bon steak avec de la sauce épicée : bien saignant, poivré et piquant juste ce qu’il faut pour vous picoter les narines et vous arracher la gueule.

Première impression en arrivant, la salle est plutôt blindée. Des gens de partout, des tas de potes, l’ambiance est là. J’arrive, alors que les gars de Your Highness sont sur scène, en train de tout déchirer. Ces Anversois jouent une espèce de blues métal hardcore et ça envoyait bien. Nickel pour chauffer la salle et rappeler qu’en Flandre la scène artistique continue à produire des trucs bien qui nous rassemblent, n’en déplaise aux guignoles au pouvoir.

Une salle bien échauffée accueille la deuxième première partie, les frères d’armes des rois de la soirée, j’ai nommé les Sons of Disaster. Du bon vieux rock’n roll punk comme on aime à se déhancher dessus. Ils achèvent d’assécher le gosier du public qui s’en va s’abreuver au bar en attendant les héros du jour. Ai-je mentionné que ceux-ci avaient fait apporter une bière spéciale « Progerians » ? Le détail qui tue sa race tout en vous mettant la tête en vrac… Après avoir laissé le temps à chacun d’étancher sa soif, nos compères apparaissent sur scène. Alors, alors, que cela va-t-il donner ? Et bien, c’est gros, gras et ça te renverse les tripes. Tu as à peine le temps de ramasser tes intestins qui ont essayé de se faire la malle sur le sol jonché de bière et autres trucs indéfinissables qu’il faut déjà se mettre un mouchoir dans les oreilles qui saignent !

© Stéphanie Elsen

© Stéphanie Elsen

Je me rends compte, en comparant ce live à la session sauvage d’il y a quelques années, que le style a quand même vachement évolué. Tout est plus lent, plus envoûtant. C’est comme si la musique était une grosse couette vibrante mais avec des picots qui t’écorchent un peu la peau, quand même. (Mmmh… intéressant, diront certains). Cette nouvelle énergie est particulièrement palpable en live. Je ne vous referai pas une analyse morceau par morceau; si vous souhaitez en savoir davantage sur chaque chanson, vous n’avez qu’à lire la chronique sur les Progerians, disponible sur notre site. Suffit-il de dire qu’à l’époque j’avais passé tout le concert à sauter partout, alors qu’ici j’avais plutôt tendance à  headbanger et danser, hypnotisée par la musique, entraînée par les guitares de Fab et Barto, qui ne se sont pas gênés pour s’approprier toute la scène. Thomas a mené la barque rythmique d’une main de maître, assurant les transitions entre passages lancinants et trouées assassines. Le public était là, pogo-esque, talonnant de près la véhémence de nos protagonistes, sans pour autant s’arracher trop de bouts de peau.  Un téméraire nous a même offert un stagedive.

Vous l’aurez compris, je me suis éclatée et les Progerians ont assuré. Il paraît que Piotr, le chanteur, était un peu nerveux lors des trois premiers morceaux, mais je n’ai franchement rien remarqué. Je sentais bien ma cervelle se cogner contre les parois de ma boîte crânienne chaque fois qu’il gueulait dans son micro. Les guests (Leila Alev, Marc De Backer et Crapulax) ont ajouté les derniers piments à la sauce. J’ai un peu regretté de ne pas mieux entendre le clavier de Leila, mais peut-être que je deviens sourde, aussi. Elle a quand même contribué à modifier l’atmosphère, le temps de son interprétation, et ça, c’était chouette. Marc et Crapulax, quant à eux, ont éventré la scène et fait chauffer notre hémoglobine !

© Major Fail

© Major Fail

Un concert dont le genre est quelque peu éloigné de mes sentiers battus (je suis en effet une aficionado des live punk pendant lesquels je peux bondir et rebondir dans tous les sens sans me faire taper dessus), mais j’ai vraiment zieuté cette prestation avec engouement et j’y retournerais de suite, si je pouvais. Enfin, je tiens à souligner que le show fut, en plus de tous ces petits toasts, doté d’une présentation top cerise grâce aux deux personnes qui ont assuré les lumières. Spéciale casse-dédi à Fanny Boizard et Clément Papin. Le rendu se mariait vraiment bien avec la musique !

Hop, ça suffit maintenant; rideau ! Allez donc les voir vous-mêmes et saignez-vous les muscles en cours de route !

Joo.

Vous aimerez aussi