The Sassy Cabaret : Des shows d’une pertinente impertinence.

sassy5Ce soir, le Jacques Franck s’habille de couleurs et paillettes puisqu’il accueillera sur ses planches « The Sassy Cabaret » en mode LGBTQI+ edition.
Afin d’y voir un brin plus clair, nous sommes allés à la rencontre de Leila Burnotte.
Plus connue sous le nom de Lili MirezMoi, elle est performeuse burlesque, danseuse, comédienne et organisatrice (entre autres) desdits cabarets.

 

Bref, c’est quoi le Sassy Cabaret?

Dans Sassy Cabaret, il y a premièrement « cabaret » (non, il y a « sassy » mais nous commencerons par « cabaret »). Ce sont donc des soirées… cabaret! Si Bruxelles fut submergée par une vague de revival  burlesque, le concept originale du Sassy veut revenir à la base de ce qu’est un cabaret, soit lui réaccorder son aspect pluridisciplinaire. Allant plus loin, Lili me parle même de plurigenres…
Et là, on entend sonner le mot « sassy ». Cette impertinence d’oser passer des limites, d’oser y aller de ses petites revendications politiques, d’oser faire des clins d’œil à une autre société. Par essence, le burlesque milite pour le corps libre, quel qu’il soit. Oui, tous les corps, maigres compris.
Pour revenir aux genres pluriels, les revendications à ce sujet semblent assez claires lorsqu’on sait que c’est le génial travesti, Peggy Lee Cooper,  qui fait office de présentatrice au Sassy.
Et puis, il y a le reste : le cirque, la jonglerie, la magie, le chant,… toujours choisi pour son univers propre et son côté un peu marginal, voir underground.
Au final, le Sassy Cabaret est un lieu de rencontres et d’échanges qui décloisonne un peu les choses. Des choses qui se croisent alors qu’elles ne le feraient sans doute jamais et ce, dans un joli mélange des scènes et des communautés.

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Pour la petite histoire …

Après trois ans au sein d’un collectif burlesque, Lili le quitte afin d’ouvrir des horizons encore incertains.
La première prise de position fut l’envie de travailler avec Peggy Lee Cooper pour le côté glamour du travesti et pourtant punk à chien dans le discours. Le slogan du Sassy étant: On n’a pas notre langue dans notre poche et nos seins dans les soutien-gorges.
C’est ensuite le soutien de L’Os à Moëlle qui fut vraiment décisif. Croyant au projet, le cabaret bruxellois donna carte blanche à Lili et ça a marché.
Voyant l’évolution de la chose, le Crazy Circle à Ixelles transforme la résidence de Lili en résidence Sassy et voilà ensuite que La Zone à Liège ne manqua pas de suivre l’engouement.
« Les choses ont pris une belle ampleur. Ce qui marche, c’est que tout le monde peut s’y retrouver. » Lili MirezMoi veut rassembler, sur scène comme dans le public.
Elle veut aussi offrir des opportunités puisque qu’au Crazy Circle, elle donne l’occasion à des artistes/performeurs de faire leur première scène sans toutefois l’étiquette de scène ouverte.
En fait, Lili, c’est un peu une Sainte… en talons aiguilles.

OK, Cabaret, Cabaret. Oui, mais pas que !

Autour du Sassy Cabaret, il y a aussi une multitude de workshops. Si Lili en donne (et encanaille les enterrements de vie de jeune fille), ses invités ne manquent pas d’en proposer également.
Outre les classiques workshops make-up et coiffures, Velma Von Bon Bon a, quant à elle, donné un atelier de création de personnage qui ne s’adresse donc pas exclusivement au burlesque.

Puis, toujours avec cette optique d’amener du différent, l’événement de ce soir tout de ses « pride » colours vêtu, ramènera quant à lui, un workshop inédit de… dragking!

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Des chiffres et des dates :

  1. Ce soir, 18/05, affirmation du militantisme avec « The Sassy Cabaret Pride Edition« .
  2. 1 résidence depuis 2 saisons, tous les derniers samedis du mois à L’Os à Moëlle. Si tu suis bien, t’auras compris que la prochaine est le 20/05 et la dernière le 24/06 ! Olé, c’est reprogrammé encore une saison, ce coup-ci les premiers samedis! Reprise prévue le 7/10 pour fêter les deux ans!
  3. Les 26 et 27 mai prochain, Lili MirezMoi sera présentatrice du Cabaret Coquin à Namur.
  4. 1 résidence tous les 2 mois Crazy Circle pour le « Little Sassy Cabaret » qui revient à la saison prochaine.
  5. La Zone, à Liège, accueille le cabaret 2 fois par an.
  6. CHANCE! GLOIRE! Le célèbre Edinburgh Festival Fringe (oui, oui, apparemment c’est connu du milieu. Un genre de big off d’Avignon.) a sélectionné le Sassy pour 10 jours de représentation lors de son édition d’août 2017. DOULEUR! Pour pouvoir amener cette Belgian Revue en Écosse, ça coute un bras. C’est une opportunité classieuse qui nécessiterait bien un peu de ta générosité. GO KISS KISS !
    (FYI: Le cabaret n’est ni reconnu comme de la danse, ni comme du théâtre, ni comme de l’éducation permanente. Résultat => quéquette les subsides! )

She has  a  many dreams !

Il y a d’une part les ambitions pour le Sassy qui, assez modestes, se résument par : tourner plus (étranger compris), continuer de remplir les salles, avoir toujours des artistes de qualité et continuer à faire vivre ce lieu et espace de rencontres (l’Os).

D’une autre, les siennes. Celles d’être prise sur des festivals internationaux et de continuer à performer de manière internationale avec toujours cette motivation de rencontrer : un autre public, une autre culture du spectacle et évidemment d’autres artistes.

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La question qui pique de la rédac : Serait-ce donc un monde plus humain qu’il n’y parait ?

Lili: Un monde plus humain dans le bon et le moins bon. C’est un monde de solistes, qui créent seul.e.s en mettant beaucoup de temps, d’eux-mêmes et de leurs ambitions.
Créer un numéro burlesque c’est : avoir une idée, trouver la musique, trouver le costume, mettre en scène, jouer, faire tourner le numéro.
C’est un engagement fort donc pas toujours facile d’essuyer les critiques. Chaque show est un petit accouchement.

Lili te parle :

Si tu as ton univers, que tu ne fais ni du feu ni de l’aérien, contacte-nous !

 

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