Thee Oh Sees aux Nuits Botanique (21/05/2017)

lesnuits_300x666Dimanche, sous un ciel bleu et des températures estivales, nous avons pu assister, avec ma comparse Shasta, à une soirée hautement harassante, mais dans le bon sens du terme. Les Nuits Botanique nous avaient concocté un programme survitaminé avec à l’affiche The Glücks, La Jungle et en bouquet final Thee Oh Sees. Autant dire que nos corps endoloris s’en souviennent encore.

Pas moyen d’être fatigué quand on se prend dans la tronche le méga son de The Glücks. Ce groupe de garage-punk nous vient tout droit de la côte Belge pour nous démonter le cerveau. Le duo, composé d’Alex et Tina, transcende tellement d’énergie qu’ils prouvent, à eux seuls, qu’il n’y a pas besoin de beaucoup pour créer un son et un style qui atomise tout à dix kilomètres à la ronde.

IMG_1668-2

Cheveux volants en tous sens, bouffage de micro (microphage?), crachage, sourires satisfaits et paroles incompréhensibles… tous les éléments punk sont réunis ! Petit plus non négligeable : la batteuse ! Cette nana a tellement envoyé pendant le concert que je suis sortie de ma torpeur dès les premières notes. Côté public, on aurait dit que les gens se chauffaient pour la suite de la soirée… Leur set aurait mérité un peu plus que quatre-cinq pogos plutôt timides. A la fin de leur temps imparti, ils nous ont fait un petit salut-révérence, se sont embrassé et s’en sont allés. Le sourire sur ma gueule, lui,  est resté.

Après cette claque, petite pause pipi. Pendant les Nuits Botanique, les organisateurs aménagent l’endroit comme ils peuvent. Ici à cause du (ou grâce au) chapiteau, ils proposent également des toilettes en libre service. Ces commodités sont éco-conscientes. Tu t’enfermes dans un tipi et après avoir fait ton affaire, tu saupoudres le tout de copeaux de bois. De cette façon, le résultat sera utilisé dans les cultures! Oui, je tenais à souligner cette initiative ! Sans transition, sautons à la deuxième partie de cette soirée.

IMG_1739

La Jungle ! Petite découverte pour ma part. Le duo (oui, encore un !) montois m’a fait vibrer les tympans assez violemment. On sort du garage-punk pour un univers plus noise et totalement déjanté. Leurs instruments se répondent à merveille pour donner une harmonie déstructurée sur une rythmique extatique. Le son tellement à fond que les pieds fourmillent sous les basses, l’acharnement du batteur se voit sur les gouttes qui dégoulinent sur son visage. Le chanteur/guitariste n’a rien à lui envier, montrant son eargasme à travers sa bouche béante prête à hurler.

IMG_1760-2

Pour le coup, on est à zéro sur l’échelle de la pogotitude, la musique étant présente que pour planer! On peut dire que le groupe ne lâche le public qu’au silence qui entrecoupe deux morceaux! Leurs compositions, principalement instrumentales, nous envahissent par toutes les parties du corps. Pour notre survie, Shasta et moi désertons le chapiteau pour un repos du guerrier avant la grande veillée.

Et puis enfin, Thee Oh Sees. Plantées en plein milieu de la foule impatiente, nous les entendons cracher leurs premières notes et là, c’est directement la montée ! La marée humaine qui nous sépare est plus dense que jamais, la température grimpe et les gens se jettent les uns sur les autres.

IMG_2146-2

Le groupe garage rock américain garantit le sautillement et la sueur pendant une heure. Du haut de leur 14 ans d’activité et du même nombre d’albums, c’est l’un des groupes du genre les plus appréciés pour ses prestations live! Et j’en suis témoin, les ayant vu au Festival Levitation à Angers en septembre 2016 !

La voix fluette du chanteur/guitariste, les deux sets de batterie et le bassiste nous donnent une impression de Californie et de surf ! Avant de voir le chanteur, notre photographe, Shasta, croyait que c’était un surfeur de 20 ans! Comme les apparences sont trompeuses et jouissives ! La mèche de John Dwyer peut, en effet, faire penser aux cheveux d’un fou des vagues, surtout quand il la fait sautiller sur son front  pendant son concert !

IMG_1970-2

Un groupe tellement énorme qu’un des fans, en plein milieu d’un pogo, sort de son sac un téléphone en plastique pour enfant! Comme sur la pochette de l’album Castlemania de 2011 ! Un groupe tellement énorme que le chapiteau a entièrement sauté lors des premières notes de “Toe Cutter – Thumb Buster”! Un groupe tellement énorme qu’il te faudrait les voir pour me croire!

Shasta et moi nous retrouvons à la fin du concert, vidées de toute notre énergie à force d’avoir sauté, pogoté, applaudi, crié… mais tellement bien! Cette soirée m’a fait l’effet d’une séance de cardio et m’a redonné une dose de dopamine pour entamer la semaine. Comme quoi la musique est toujours une solution!

Lilo

Crédit photos : Shasta Ulrich

Vous aimerez aussi