Tyrant Fest au Métaphone (16-17/11/2019)

tyrantfest2019_300x666Le Tyrant Fest, 4ème édition. Voilà maintenant deux ans que j’ai appris l’existence de ce festival et que l’affiche me faisait de l’œil (avec notamment Batushka, Regarde les hommes tomber, Wiegedood, Déluge, The Great Old Ones, Audn, à l’affiche de ces deux dernières années), cette année j’ai donc pris mon courage à deux mains, la voiture, et j’ai parcouru la centaine de kilomètres qui séparait Bruxelles de Oignies pour voir de mes propres yeux ce que le festival avait à me proposer. Et je peux dire que je n’ai pas été déçu du voyage.

Premier jour : alors que je suis retenu à Bruxelles plus tard que prévu, j’abandonne assez rapidement l’idée de pouvoir assister au concert du jeune groupe lillois Barque, premier groupe de cette édition 2019, dont les quelques écoutes du dernier EP m’avaient bien accroché avec leur hardcore teinté de black métal.

Arrivé une vingtaine de minutes après la fin de leur set, je suis estomaqué par l’endroit où se déroule l’évènement : deux salles ultra modernes se présentent à l’ombre d’un ancien charbonnage, typique du coin, ajoutant au côté sombre et gris du ciel et de la musique que nous écouterons tout au long du week-end. À peine arrivé, je me lance à l’assaut du Métaphone, salle principale où se produiront les plus gros noms, tout juste ouvert (Barque ayant joué auparavant dans l’Auditorium, salle nettement plus petite située une centaine de mètre plus loin) et après deux minutes de file, me voilà entré, accueilli avec le sourire par des bénévoles.

Aorlhac (16h-16h45) – Métaphone

Je fonce alors dans la salle pour ne rien rater de plus de Aorlhac, le prof d’histoire préféré de ton prof d’histoire préféré. Heureusement, je n’ai visiblement raté que le premier morceau. Et je dois dire que j’ai été convaincu par la performance des Occitans qui ne perdent rien de la charge émotionnelle et épique de leur musique à l’exercice du live. Au contraire, on dirait même qu’ils se subliment, bien aidés par un son impeccable qui met parfaitement les solis en valeur et rend la voix quasiment plus compréhensible que sur album (c’est pas parfait non plus, les passages en voix « claires » sont parfois difficiles à distinguer). Si leur performance fut pour moi un tel succès, je dois reconnaitre que la batterie y est pour quelque chose, sonnant avec puissance et avec une caisse claire qui claquait parfaitement (je suis resté bloqué quelques fois dessus, croyez-moi). Ajoutez à ça la présence majoritaire de morceaux de L’esprit des vents (« Aldérica », « La révolte des Tuchins », « Infâme Saurimonde » ou « Mandrin l’enfant perdu » notamment) et vous avez tout ce que j’aime chez Aorlhac (qui se prononce d’ailleurs Aurillac, pour faire puriste) : des envolées épiques, des riffs inoubliables et une énergie limite punk pour faire bouger la tête et taper du pied. Mercé los amicis !

Le concert qui suivait aurait du être Pensées Nocturnes mais j’avoue que les écoutes de certains de leurs morceaux me mettaient vraiment mal à l’aise avec leur délire de cirque macabre, du coup j’ai préféré m’abstenir. À la place, je me suis rendu dans la tente de merch‘ face au Métaphone, qui semblait bien vide en comparaison avec l’Annex où je me suis rendu ensuite et où se trouvait des groupes, des labels ou encore des artisans. Et autant dire que le piège de pouvoir payer avec une carte de banque a fait des ravages… Je me suis ensuite rendu à l’étage situé au-dessus de l’Auditorium pour jeter un œil au salon de tatouage temporaire installé là (et qui repliera bagage le soir-même) et repérer des artistes exposants. Mais ce sera pour plus tard car maintenant Witchfinder va entrer en scène…

Witchfinder (18h-18h30) – Auditorium

Et là une question se pose : comment trois personnes peuvent sonner aussi lourd ? Parce que spoiler : même Dopethrone en comparaison avait l’air d’un groupe de doom/sludge très léger, c’est dire le level instauré par le trio de Clermont-Ferrand dans la toute petite salle de l’Auditorium. Les compositions simples et hyper rentre-dedans donne une furieuse envie de se décrocher le crâne à force de le balancer dans tous les sens, en plus les membres du groupe sont super sympas, reconnaissants d’avoir un public relativement conséquent tassé dans ce petit espace clos. Malheureusement, en seulement trente petites minutes, difficile de faire démarrer véritablement quelque chose, surtout quand on a le temps de ne jouer que quatre chansons (toutes extraites de leur dernier très bon album, Hazy Rites). Et alors que le set touche doucement à sa fin, je m’éclipse, tout heureux que j’étais de l’expérience vécue pour retourner vers le Métaphone

Undead Prophecies (18h30-19h45) – Métaphone

C’est maintenant aux représentantx death old school de la soirée de se présenter à nous. Et je dois dire que j’étais extrêmement hypé par ce concert vu la qualité de leur Sempiternal Void sorti en début d’année, aidé en cela par leur mise en scène grandiose à grands coups de fausses pierres tombales, d’immense faux placé au centre de la scène et de bannières aux iconographies rappelant les sculptures d’églises. Puis ça commence, une musique d’introduction grave se fait entendre, les membres apparaissent encapuchonnés dans de grandes bures noires, donnant des allures de cimetière encore plus lugubre qu’à l’accoutumé à la scène… et c’est tout. Le positif du concert s’arrête à ça : la mise en scène terrible. Parce que pour ce qui est de la musique, ça semblait terriblement mou, pas aidé par un son désastreux et malgré le chanteur qui se donnait un mal fou pour que sa réunion de cimetière soit la plus terrifiante possible rien à faire : après quinze minutes de concert (non sans essayer de donner sa chance au tubesque « I Summon Demons ») je cède et quitte la salle pour plonger mon chagrin de voir un concert tellement gâché dans de l’Angelus.

Dopethrone (19h45-20h30) – Métaphone

34731988172_413a98fdd4_b-2Calisse, je les attendais ceux-là ! Dans le genre « groupe que j’imaginais tabasser en concert », Dopethrone se plaçait en bonne position, du coup je dois reconnaitre avoir été assez surpris de les voir aussi contenus sur scène, à l’exception de Shawn qui semblait se taper des barres derrière sa batterie en faisant des horns up après chaque coup donné sur sa caisse claire. Après, difficile de bouder son plaisir, ça groove de ouf et ce petit accent québécois chantant de Vincent Houde rajoute du sel à son intervention, lui qui déléguait cette tâche à Julie Unfortunate, nouvelle venue au sein du groupe. Difficile d’être grandement emballé mais impossible à détester.

Seth (21h-22h) – Métaphone

Après m’être repu pour pas cher (et mis en retard par la même occasion), j’arrive une dizaine de minutes après le début du concert au cours duquel était joué Les blessures de l’âme, classique du groupe, dont les écoutes me faisaient dire que c’était plutôt kitsch par moment, surtout dans l’utilisation des claviers et dans les passages que je saisissais ça et là (cf. « Hymne au vampire (Acte I) »). Mais bon c’est là tout le charme du black des années 90 chanté en français, et une fois dans la salle, on a droit à la totale : autel avec option chandelier et crâne humain, corpse paint et bracelets en cuir de tous les membres, sauf Saint Vincent qui se présente en grand prêtre de cette messe vêtu de sa plus belle toge de prêtre du grand malin. Et j’ai eu beau voir partout que c’était « le pionnier du black français », vu la réception du public, on aurait cru voir un vulgaire groupe d’écoliers qui jouait devant leurs parents circonspects, public qui se mit même à se foutre de la gueule des membres du groupe quand Saint Vincent se mit à hurler son « les blessures de l’âme sont éterneeeelles« . Par contre, le public, bien beauf comme on l’aime, semblait bien réjoui de voir une nonne sexy et seins nus se faire recouvrir de faux sang par après. C’est bon, j’en ai vu assez, et je me contenterai de sourire de bon cœur sur les passages kitsch sur le trajet du retour.

Septicflesh (22h30-23h30) – Métaphone

On en arrive ensuite au dernier concert ainsi qu’à la farce de la soirée, j’ai nommé : Septicflesh. Bien installé sur la terrasse, je note mes premières impressions de la journée en me renseignant un peu sur le groupe que je connais au final très mal, à l’exception de quelques morceaux que j’avais découvert les jours précédents, et je dois bien dire que ça m’en touchait une sans faire bouger l’autre, tout en reconnaissant bien volontiers le côté grandiloquent de leur death symphonique. Puis à l’heure annoncée : rien. Juste un roadie encore occupé à chipoter la basse en demandant sans cesse aux ingés son de faire des ajustements. Bon. Puis au bout d’un quart d’heure, le concert commence finalement, et autant le dire tout de suite : j’étais assez surpris de ne pas voir un claviériste s’occuper des orchestrations et des samples pour ajouter un petit côté authentique à la musique. De plus, l’absence d’une mise en scène spécifique, hormis deux panneaux de part et d’autre de la scène, se faisait ressentir, car rien n’amenait ce côté méga grandiloquent de leur musique. Et puis le chanteur me donnait envie de me jeter de la terrasse avec ses « Are you ready? 1, 2, 3, yaaaah » ou ses « My friends, do you have energy? » ou encore « Brothers and sisters, give me your heart!« . Évidemment que c’est cool quand il s’agit de chauffer un public pas encore très bouillant, mais quand c’est balancé avant, pendant et après chaque morceau, autant dire qu’on a vite envie de renvoyer Spiros à Athènes pour qu’il essaye de trouver de l’inspiration pour donner un semblant de vie à ses concerts…

Soit, pas besoin d’en dire plus, je vais me réconforter sur la route avec L’esprit des vents et Hazy Rites afin d’être prêt pour le deuxième et dernier jour !

Deuxième jour : aujourd’hui moins de scrupules au moment d’arriver dans les alentours de 16h tant N.K.R.T. m’inspirait peu. Par contre le matin même j’apprends l’annulation du concert de Five the Hierophant qui devait se produire dans l’Auditorium. Autant dire que sentimental comme je suis, je n’ai pas eu le cœur d’aller voir Ddent qui les remplaçait. Décision en plus renforcée par les retards pris dans les concerts qui auront pas mal chamboulé l’organisation de la journée…

Wolvennest (16h-16h45) – Métaphone

Moment chauvin de la journée : un groupe belge, bruxellois qui plus est, se produit aujourd’hui ! C’est bon, le lien avec CAPDB est fait ! (Si ça vous intéresse, ils seront de passage à l’Ancienne Belgique au mois de février).

La première chose qui marque lorsque l’on rentre dans la salle, c’est l’odeur d’encens qui vous pique le nez et vous plonge dans une atmosphère très particulière. En effet, Wolvennest se présente plus comme un trip ou une expérience qui se prolonge passant par divers sentiments : tantôt la mélancolie (coucou les projections de paysages tristounets), tantôt le dégoût (coucou les projections de vautours qui bouffent des cadavres) mais toujours de l’intérêt et de la fascination pour cette mise en scène ultra théâtrale (des chandeliers partout, ces diffuseurs d’encens, le placement très statique des membres qui donne l’impression d’être face à des statues douées de sens artistique, les projections en noir et blanc sur écran géant,…). Ces longs morceaux à rallonge hypnotisants et cette chanteuse qui tire son épingle du jeu avec cette voix complètement en contraste avec le riffing très doomesque/black avant-gardiste (un peu comme la chanteuse de Messa) qui souffre parfois un peu justement de ce contraste en étant submergée mais trouve ensuite un moyen pour rebondir et mieux revenir sur le vers suivant. Après, difficile de recommander ce genre de concerts à tout le monde tant on peut sentir des longueurs plus ou moins régulièrement (quoique moins que sur album il me semble) et tant la musique peut faire intello du dimanche.

Problème qui va impacter la suite de l’organisation de la journée : le groupe finira son set une dizaine de minutes après l’heure programmée, ce dont j’aurai l’occasion de parler…

The Secret (17h15-18h) – Métaphone

thesecret_850x300… dès maintenant. Alors que le combo italien devait avoir un peu de temps pour préparer son concert, installer son matos et faire ses balances, le temps que Wolvennest enlève tout son matos de scène et libère la scène, l’heure du concert était déjà atteinte, et voilà The Secret avec seulement cinq minutes de balance ce que, vous imaginez bien, laisse présager la catastrophe. Et de catastrophe il fut bien question. Pour vous dire, j’ai pu faire tout le festival sans bouchons tant le son était bien géré (dans l’ensemble, cf. la veille pour le concert d’Undead Propechies) mais après ce concert, c’était impossible tant mes oreilles ont été bousillées. Pourtant, tout semblait réuni pour donner un bon concert : une énergie folle de tous les membres, une setlist ultra agressive et sans temps morts, ou encore le chanteur qui partage sa bière avec des gens dans le public (meilleur moment du week-end, cœur). C’est malheureux vu la qualité de ce black aux influences punk évidentes qui promettait des étincelles en live…

Imperial Triumphant (18h30-19h15) – Métaphone

Le problème de retard ne se résout évidemment pas en si peu de temps, mais là, le problème est moins ennuyeux, The Secret n’ayant pas monopolisé la scène autrement que par leur présence et les New-Yorkais évoluant dans le même registre scénique. Puis avec deux membres de moins, le problème de la mise en place sera moins gênant et ils auront droit à quelques minutes de plus pour leur balance.

Une fois ce désagrément passé, le trio se met en place muni de ses (magnifiques) masques qui leur donnent une impression de Nazgul pimpés. Se met ensuite en route une machine froide, dure et inhumaine, un peu comme si à force de dépeindre la noirceur et l’inhumanité de leur ville, ils y avaient aussi laissé la leur. Et c’est très fort, l’impression s’en trouve encore renforcé quand les trois seules interactions avec le public se font par le biais d’une voix préenregistrée qui ne laisse poindre aucune émotion et annonce très laconiquement le début et la fin du set, mais aussi une nouvelle chanson ! Nouvelle chanson qui a pris de court tant elle n’était pas attendue, vu la sortie récente de leur dernier album, qui constituera la presque totalité de la setlist (à l’exception de « Devs Est Machina », et donc cette nouvelle chanson dont on ignore le titre).

En tout cas, si la musique brutale et expérimentale ne vous rebute pas, foncez (ils seront justement à la dernière édition du Metal Méan), l’expérience est saisissante !

Toutefois, et alors que c’était l’un des concerts que j’attendais le plus, impossible de me rendre à l’Auditorium pour assister au concert de Gost, la faute aux retards pris et à la salle à la capacité bien trop limitée pour accueillir tous les curieux. Je me rabats donc sur l’exposition située à l’étage au-dessus pour admirer sérigraphies, affiches spéciales réalisées pour des groupes et photos (de groupe ou non) réalisées par les talentueux Førtifem, David Fitt, Sinpiggyhead ou encore HerrKolonel qui s’avérera d’ailleurs très sympathique et avec qui il fut très intéressant d’échanger à propos de ses photos !

Mephorash (19h45-20h30) – Métaphone

Une fois n’est pas coutume, j’arrive un peu en retard pour cause de fringale et arrive dans une salle comble, n’ayant pas réalisé le succès des Suédois. Ça m’apprendra à les sous-estimer.

Et mazette, quelle claque ! Toujours dans le délire grande messe noire avec toges option Yannick Noah (entendez par là pieds nus) et à nouveau avec encens. Si déjà visuellement ça envoie du lourd, comment ne pas être impressionné par la qualité du son ? C’est simple, zéro imperfection, à la légère exception près du deuxième chanteur qui, en plus de parfois avoir l’air paumé car rien à faire, avait parfois des faiblesses à s’affirmer au sein de ses comparse. Mais c’est vraiment pour chipoter et pour dire qu’un concert ne peut pas être parfait. Même la setlist est un sans faute, parce qu’avec 45 minutes de concert et des morceaux à rallonge comme les leurs, difficile de satisfaire les goûts de tout le monde. Et pourtant ils y arrivent les bougres en piochant allègrement dans Shem Ha Mephorash mais allant chercher aussi dans son prédécesseur et même dans leur EP Sfaíra Tis Fotias pour compléter le tout. Ils ont en plus eu le goût de faire en sorte de choisir uniquement des morceaux avec leur marque de fabrique : des chœurs enfantins d’une pureté et d’une délicatesse magnifique à chaque fois (ce qui donne du coup une homogénéité que l’on pourrait leur reprocher).

Gaahls WYRD (21h-22h) – Métaphone

Dorénavant, les soucis de retard se sont un peu améliorés et le concert commence même quasiment à l’heure (les miracles existent !). Autant le dire tout de suite : le peu d’écoutes que j’avais fait du seul et unique album du groupe m’avait laissé plutôt indifférent, me laissant dans l’incompréhension face à l’engouement provoqué. Mais comme seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, je me dis que je peux quand même bien faire l’effort d’assister à une performance d’une des figures les plus charismatiques du black norvégien. Malheureusement, le début de concert fut complètement plombé par un problème technique avec le pédalier de la batterie, ce qui sabote la partie rythmique des premiers morceaux joués, n’arrangeant en rien mon enthousiasme initial et amène de longs moments de silence où Gaahl se tient droit comme un I au milieu de la scène, toisant la foule avec son aura glaçante. Parce que s’il y a bien un argument pour assister à ce concert c’est Gaahl, son charisme et ses capacités vocales lui permettant de passer d’une voix de basse/baryton à des screams typiquement black impressionnants, alors que les autres membres du groupe semblent plus être là comme faire-valoir. Mais bon, Gaahl ne peut rien y faire, je trouve les morceaux tous assez oubliables en dehors de ses performances, et le manque de show à proprement parler m’ennuie assez rapidement. Notons tout de même que le concert se clôturera sur de longues poignées de main avec le public, ce qui montre tout de même que derrière l’immense personnage froid se cache un homme des plus sympathiques avec son public.

DVHHg0CXUAAbuHR-2

Mayhem (22h30-23h30) – Métaphone

Pour Mayhem, tous les superlatifs du black métal sont valables, rien que pour le cultissime De Mysteriis Dom Sathanas. Pour ma part je me contenterais que l’idée de voir en live une légende vivante m’intriguait au plus haut point, pour tout le mythe qui l’accompagne. Et alors que l’immense cage de Hellhammer (batterie) se dévoile dans le fond de la scène, on nous annonce que Mayhem ne jouera non pas une heure mais une heure et demi ! Dommage quand on sait que la navette pour ramener des festivaliers sur Lille part avant la fin du concert…

Si j’avais déjà vu et entendu plusieurs fois que les concerts de Mayhem étaient parfois too much dans leur mise en scène, il faut bien dire qu’aujourd’hui c’est plutôt sobre, avec juste quelques bannières réparties dans le fond de la scène aux couleurs du dernier album (qui pour moi sonne bien trop lisse en comparaison avec la mythologie que je m’étais créée sur base de DMDS), Attila (chant), qui se balade vêtu d’une toge noire toute déchirée et armé d’un crucifix inversé en os qu’il nous présente régulièrement, tout fier de son joujou, et avec finalement comme seul excentricité un jeu de lumière épileptique. On découvre au fil du concert que la setlist est séparé en diverses époques de Mayhem. D’abord les morceaux post-DMDS, exécutés mécaniquement et qui ne semblent pas conquérir de large pans du public (je vois même des gens quitter la salle après une trentaine de minutes). Ensuite, après un interlude où la salle se remplit progressivement de fumée, que tous les membres se soient recouverts d’une bure noire et que les bannières du dernier album soit tombées pour laisser place à des bannières représentant des gargouilles et l’intérieur de la cathédrale de Nidaros, plus aucun doute possible, les choses sérieuses commencent. Quatre morceaux (parmi lesquels ne figure malheureusement pas « Funeral Fog ») issus de De Mysteriis Dom Sathanas se fraient un chemin dans la setlist. Le public se réveille alors et même Attila semble plus possédé encore par les textes, comme si le Dom Sathanas s’était emparé de lui pour déblatérer ses horreurs. Enfin, pour clore le concert, nouvel interlude, nouveau changement de bannières, nouveau changement de costumes, Attila se défait de sa toge, Necrobutcher (basse) finit torse poil et s’amorce la période pré-DMDS, de nouveau plein de haine et de nihilisme, tout ce qui manquait à la première partie du set en fait ! Et c’est sur un furieux Pure Fucking Armageddon que s’achève cette quatrième édition du Tyrant fest.

Voilà, du coup c’est déjà la fin d’un festival organisé d’une main de maître dont seuls les retards et deux concerts au son foiré seront les bémol. On sent que derrière il y a des passionnés et des personnes qui veulent mettre en avant les groupes locaux et de France (les liens avec les Acteurs de l’ombre ne doivent pas y être étranger derrière) et des genres variés. Puis l’envie de s’ouvrir à d’autres formes d’art avec l’exposition au dessus de l’Auditorium, des performances (auxquelles je n’aurais pas eu l’occasion d’assister), ainsi que l’idée géniale des randonnées au sommet d’un terril pendant la matinée des deux jours et le soir du samedi démontre une vraie ouverture d’esprit, ainsi que leur amour de cette région et de l’art sous toutes ses formes. Rendez-vous pris pour l’année prochaine !

Maxime S

Vous aimerez aussi