Unknown Mortal Orchestra à l’Ancienne Belgique (28/05/2018)

Unknonw-Mortal-OrchestraAprès une journée dans un bureau qui s’apparente plutôt à une serre, j’attends l’heure du concert en errant sur le piétonnier en travaux, en profitant de l’air estival. J’entre dans l’Ancienne Belgique et le lieu ne semble pas le même qu’hier : entre Sleep et Unknown Mortal Orchestra, il y a un monde de différences.

Et aujourd’hui, c’est lundi, et la date n’est pas complète : la salle est vide. L’ambiance est beaucoup plus posée, la musique du DJ Owl Jolsons est mieux gérée et bien choisie, même si la playlist diffusée dans la salle lui créée des échos parasitaires. Un p’tit coup d’œil sur le merch’ coloré que propose Unknown Mortal Orchestra. Les premiers arrivants sont ponctuels : tous arrivent dix minutes avant que le premier groupe commence. C’est un défilé de trentenaires Saint-Gillois, de jeunes de la vingtaine qui tentent de ressusciter  les années 90 à coups de bananes sur les hanches, et quelques cheveux blancs qui semblent s’être égarés devant ce groupe moderne.

20h10 et Makeness commence en trombes. Il semble avoir eu quelques soucis de démarrage. Un seul homme se présente, guitare électrique sur l’épaule, devant une cassette de boutons et un Macintosh. Quelle est cette mode de faire jouer des one-man band qui sont plus proches de la performance artistique que de la réussite musicale, me dis-je, me rappelant des diverses premières parties que je m’étais farcie au Botanique, comme à défaut de trouver de bons groupes d’ouverture. Oui, je n’avais même pas pris la peine de checker qui était Makeness. Le mec commence à tripper, à osciller entre le rock psyché et le beat house. Il y va fort pour un premier morceau ! Le décor lumineux est vraiment beau et accompagne cette musique qui me surprend agréablement.

makenessLoin de la simple performance artistique, l’homme, de son vrai nom Kyle Molleson, présente un univers intéressant plein de références diverses. Preuve qu’il n’y a pas que les femmes qui peuvent être multi-tâches, l’anglais chante, joue de la guitare et gère son beat en même temps. Sa voix douce perce la nappe répétitive psychédélique de la guitare et contraste avec le beat techno plutôt agressif. Ça en devient carrément une ABerghain ! La musique a bien mis l’ambiance mais les gens restent timides – peut-être sous le choc, en fait. Le musicien à l’air sympathique salue le public avec le sourire. Une bonne surprise à réécouter d’urgence.

Tandis qu’on entend Thee Oh Sees ou King Gizzard And The Lizzard Wizzard au bar, tout le monde rentre dans la salle dès que Makeness se termine; ce n’était probablement pas leur genre de regarder les premières parties… Et quel monde ! L’AB a eu le temps de se remplir et c’est quasi salle comble; surprenant pour un lundi. C’est alors que la bande de Ruban Nielsen, Unknown Mortal Orchestra, débarque sur scène, avec le premier titre qui a lancé le groupe américano-néo-zélandais en 2010, « Ffunny Ffriends ». Sous la chaleur moite de la salle, le groupe enchaîne directement avec l’entêtant « Necessary Evil » et ne donne aucun répit avec « So Good Being In Trouble ». Ces titres que l’on chantonne tout naturellement sont devenus cultes et une constellation de personnes se dandinant se créée à l’écoute des mélodies légères et colorées des précédents albums.

unknown-mortal-orchestraMalheureusement, quelque chose ne prend pas. Serait-ce pour ma part la surprise (voire la déception) à la découverte du look des musiciens, qui diffère complètement par rapport à ce qu’ils jouent ? Ou est-ce que c’est le son, qui crée un brouhaha duquel on peine à reconnaitre les titres ? Quoi qu’il en soit, le groupe nous présente deux chansons de leur nouvel album sorti le 6 avril dernier, Sex&Food. Plus «  »agressive » », le guitariste/chanteur/compositeur/leader s’emballe sur « American Guilt » et va prendre un bain de foule, à majorité féminine, pour aller faire un solo jusque dans les tribunes. Ce sera le seul jeu de scène proposé ce soir, et cette botte secrète semble avoir été sortie un peu tôt, comme pour capter l’attention d’un public un peu perdu devant cette bouillie sonore incompréhensible. Les gens crient quand même dans le noir qui englobe la salle entre les chansons. La tension retombe comme un soufflé au fromage avec la balade avec « The Internet Of Love (That Way) », pour (tenter de) remonter avec leur titre phare de 2015, « Multi-Love »… L’ordre des chansons est pour le moins étonnant, car voilà que leur nouveau titre « Not In Love We’re Just High » se joue. C’en est trop pour moi. Je quitte la salle tant mon attention n’a pas été captée.

Que dire alors lorsque l’on n’arrive même pas à regarder un concert jusqu’à sa fin ? Autant Makeness aura été une belle surprise et m’aura bien emballé malgré un son beaucoup trop fort à faire vibrer l’AB, autant Unknown Mortal Orchestra aura été une terrible déception. Et même si leurs chansons resteront un plaisir à écouter, et même si c’était sûrement la faute d’un son vraiment mal géré (surprenant pour l’endroit), je manquerai probablement d’enthousiasme à la prochaine occasion.

Claire Brg

Setlist

Ffunny Ffriends // Necessary Evil // So Good Being In Trouble // American Guilt // The Internet Of Love (That Way) // Multi-Love // Not In Love We’re Just High // Hunnybee

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