Wiegedood et CHVE vs Syndrome à l’Ancienne Belgique (01/11/2017)

wiegedoog-lofoLe passage d’octobre à novembre, c’est plein de choses : la Toussaint, Halloween, la fête des morts, la nuit qui tombe à 16h30 et le soleil qui se lève à 8h. Un mois des plus déprimant en somme. Et histoire de marquer le coup, l’AB a convié Amenra le 31 octobre pour lancer les hostilités en ses lieux et, afin de porter le coup final, leurs copains de Consouling Sounds comprenant Wiegedood, CHVE, IIVII et d’autres le lendemain. Bref, le fleuron du black, post-black, post-plein de choses de Belgique. Voilà donc le programme de la soirée !

Après avoir sué sang et eau pour pouvoir revenir de Bruges afin d’assister au concert de CHVE a.k.a monsieur Colin Van Eeckhout, leader d’Amenra (désolé Fär, Sembler Deah et IIVII qui semblaient être des projets vraiment intéressants mais les embouteillages en ont décidé autrement), j’arrive enfin à l’AB, décidé à subir ce qu’on pourrait comparer à un chemin de croix lorsqu’on a un mental fragile.

Après un passage obligé (sur ce coup-ci, c’était véritablement obligé, les accès directs à la grande salle étant barrés) par l’AB Club et l’exposition « Amenra & the Church of Ra » dans laquelle je ne pourrai malheureusement pas m’attarder malgré une esthétique des plus intrigantes et attrayantes, j’arrive dans la grande salle où le public clairsemé me permet de me faufiler assez facilement à une place avantageuse. Comme on peut s’y attendre avec CHVE et encore plus si on ajoute à ça la présence de Syndrome sur scène, le rythme est très lent et laisse amplement la place à la contemplation et à l’introspective. L’essentiel est ailleurs : leur concert n’est pas qu’une aventure sonore mais aussi et surtout une aventure visuelle qui fait appel à tous nos sens au moment de projeter des images énigmatiques et belles à la fois.

chvesyndrome_850x300C’est bien la force de ces deux projets : presque mettre la musique de côté et nous laisser seul face à nous-même, nos questions, nos appréhensions. Puis, sans un bruit, CHVE disparait, laissant à Syndrome le soin de continuer ce long et lent processus. Puis Syndrome s’en va et comme l’hiver quittant une plaine, la vie reprend jusqu’à l’hiver suivant.

Après quelques minutes d’attente, sans un bruit, Wiegedood surgit dans la nuit. Si CHVE et Syndrome étaient un hiver triste et solitaire, Wiegedood est une tempête hivernale dont l’issue ne fait que peu de doutes : la mort et la désolation. Avant d’aller plus avant, je dois me confesser : mes quelques écoutes de ce groupe m’avaient laissé de marbre et j’avais énormément d’appréhension pour ce concert, probablement étais-je trop jeune pour comprendre la force d’un groupe comme celui-ci. Mes appréhensions ont depuis été balayées d’un revers de main. Sans prévenir, et ce après une courte intro afin de justifier son titre de black metal atmosphérique, Wiegedood rentre dans le lard et ne laissera pas une seule seconde de répit, hormis durant quelques passages aériens qui permettent de faire respirer aussi bien leur musique que la salle, livrée à elle-même face à cette déferlante de violence soudaine après le calme de CHVE et Syndrome.

wiegedood_850x300Toutefois, malgré un set de grande qualité, j’ai eu l’occasion de noter quelques menus soucis : durant les premières minutes du concert et malgré un son impeccable avant leur entrée en scène, les instruments se superposaient et formaient une énorme bouillie sonore ne rendant pas du tout hommage à la production pourtant très appréciable de De dood hebben het goed I et II. Aussi, durant les quelques moments où le batteur délaissait les blast beats, la musique semblait désespérément creuse, ce qui a eu le don de me sortir à quelques reprises du concert, à mon plus grand désarroi. Malgré ça, difficile de cracher dans la soupe tant ce concert fut sans aucune concession. Proficiat heren !

Je pense pouvoir le dire sans trop réfléchir face à l’abondance de bons groupes : notre beau et plat pays a de beaux jours devant lui en métal de tout poil.

Maxime S.

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