Wild Nothing à l’Ancienne Belgique (21/02/2019)

52816588_293802267962008_5811916759598366720_nEn ce jeudi de février à l’air printanier l’Ancienne Belgique, dans son confortable AB Club, a décidé de nous ramener un vent d’Outre-Atlantique. Wild Nothing, accompagnés de J Fernandez, avaient tout pour nous ramener à un soir d’été, cheveux au vent. Pourtant, même s’il n’y avait franchement aucun point noir à l’horizon, les deux groupes ne m’ont pas conquis.

Je traverse le centre ville où toutes les terrasses sont assaillies avec ces températures hors saison. J’arrive bien à l’heure dans un AB Club diffusant encore l’énergie du concert des Nightbeats de dimanche dernier. J’attends que l’heure tourne, curieuse de la performance live que le groupe va proposer. La petite salle se remplit au goutte à goutte. La table du merch’ est bien fournie ! Wild Nothing propose une flopée de t-shirts aux motifs différents, vinyles, CDs, tapes, casquettes,… Tandis que J Fernandez offre timidement un t-shirt et ses albums format platine.

J Fernandez entre en scène à 20h tapantes devant un beau petit public. Depuis Chicago, Justin Fernandez passe ses nuits à composer et a sorti trois albums depuis 2012. Après avoir traîné avec Unknown Mortal Orchestra, ce jeune à l’origine philippine a trouvé son propre style, oscillant entre psychédélique et dream pop. Ses compositions sont légères et agréables et invitent à la rêverie. Sur scène, il s’entoure de potes musiciens à la basse, batterie, guitare, et au clavier. Un peu dépareillés niveau look, les musiciens restent assez statiques. Ils donnent l’impression d’être dans leur garage, d’être un de leur pote. Le bassiste est blagueur, chauffe le public. Même si la caisse claire et la basse s’entendent légèrement trop fort, le son en général est très bien réglé. Le public mord peu à peu à l’hameçon. Les gens se balancent comme des épis de blés au soleil, au rythme d’une douce brise. La musique invite à la détente : la basse et la batterie posent un rythme répétitif, accompagnée tranquillement par les accords légers des guitares. Le clavier ajoute une nappe qui rend l’atmosphère légère et les chansons sucrées, comme sur « Volcanic Winter« . Et la voix, bien sûr, qui raconte des histoires gentillettes. C’est chouette, mais je trouve qu’il n’y a aucune plus-value de les avoir en face de soi. Malgré tout, le public approuve. Une chouette découverte, mais à écouter dans son transat’ cet été.

bruxelles_ab_club_wild_nothingAprès une demi-heure de battement, voilà que la salle est bondée. Les cinq Wild Nothing entrent en scène ensemble. Les américains, venant de Virginie, proposent un indie rock teinté de dream pop. Formé en fin 2009, les quatre albums de Wild Nothing sont l’œuvre de Jack Tatum, allié au label Captured Track (Mac Demarco, The Soft Moon). Le compositeur, qui aime mener sa barque seul, a décidé de lâcher prise sur le dernier album datant de 2018, Indigo, en s’entourant de musiciens et de Jorge Elbrecht, pilier de la pop moderne, à la production. Avec leur look désinvolte des années 90 et leurs faciès détachés, le groupe offre des chansons des différents albums en insistant sur le dernier, évidemment. À l’écoute, on se voit avec du sable dans les schlapettes, un mojito à la main. L’amour de Jack Tatum pour la musique des années 80 se fait clairement ressentir avec ces notes de synthé typiques et ces passages lancinants au saxophone. Les influences sont nombreuses et on pense aussi bien à The Cure qu’à Tame Impala. Cette musique rétro plait aux jeunes couples qui s’enlacent de plus belle. Cependant, peu de personnes dans le public hochent la tête. La voix qui semble lointaine apporte une nostalgie de la fin de l’été particulière. Adepte du shoegazing, le show est statique. Les chansons ne me font pas plus d’effets ici, debout, écrasée entre plus de deux cents inconnus, dans le noir, un soir de semaine en février. La performance n’a rien de mauvais, mais n’apporte pas grand chose. C’en est même ennuyant. Alors, j’attends la fameuse « Letting Go » avant de m’en aller, avec le goût impatient de retrouver l’été, pour écouter Wild Nothing comme il se doit.

Je repars avec le sentiment désagréable de rester sur ma faim, à la fois heureuse à l’écoute de ce genre de musique que proposent J Fernandez et Wild Nothing, mais aussi déçue que la magie n’opère pas en live. Sans rancune, je continuerai à guetter leurs sorties.

Clr Brg

Setlist (non exhaustive)

Nocturne // Wheel of Misfortune // Golden Haze // Flawed Translation // Live in Dreams // Partners in Motion // Bend // Whenever I // Shallow Water // Canyon on Fire // Paradise // Letting Go // Chinatown // A Dancing Shell // Shadow

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