Wilderness Festival (06 – 09/08/2015)

wilderness_festival_lineup_20151Ce mois-ci, à quelques petits miles de notre joli pays, s’est déroulé outre-Manche le Wilderness Festival. L’ayant déniché un peu au hasard du web en février dernier, un coup de sang nous avait décidé à prendre ces billets un peu au pif pour un évènement qui s’annonçait atypique, loin de la boue ou la poussière de warrior qui ornent habituellement nos cours de récréations estivalo-musicales.

Au milieu d’un parc privé de la campagne près d’Oxford, entouré de collines verdoyantes  et de petits lacs où l’on peut évidemment se baigner, le Wilderness nous est apparu comme un parc d’attractions pour adultes. Il faut dire que les gens viennent pour la musique, certes, avec une tête d’affiche qui tient bien la route, mais aussi pour une multitudes de workshops (de la confection de panier, poterie, à la chasse dans les bois et autres cours d’une dizaine de yoga différents), débats et conférences organisés par le Victoria & Albert Museum, un cinéma, un spa, ou encore une aire où ostéopathes, masseuses et voyantes sont là pour vous. Alors, évidemment, une grande partie de ces activités sont payantes, et nous avons surtout profité de la baignade dans le lac et des concerts/soirées proposés dans les différentes scènes et autres yourtes.  Et puis, il y a les stands de nourritures clairement témoins de notre nouvelle addiction bobo au « manger bon et bien » qui nous auront franchement fait rêver parce qu’au final aussi cher qu’un autre festival comme Dour, mais pour une qualité nettement supérieure. Bref, le cadre est joli, les gens sont déguisés tout en paillettes et costumes d’époques, et il y a même des familles qui promènent leurs enfants franchement pas trop énervants dans des charriotes décorées. Youpi tralala

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Mais parlons mieux, parlons musique. Le festival dure donc quatre jours, et vous l’aurez compris dans un cadre idyllique. Les bars sont aussi des petites scènes où seront passés une multitudes d’artistes (je ne pourrais donc vraiment pas compter le nombre de concerts sur tout le séjour). Une petite scène folk avec des coussins au sol pour se réveiller tranquille à l’ombre de la tente avec une pork pie fumante entre les mains, une autre où le théâtre national fait partager quelques opéras et pièces. La Wilderness stage, qui nous a un peu laissé perplexe,  une scène New-Orléans et même un petit préau avec un open mic qui n’a absolument pas désempli de tout le séjour devant des pères de familles qui reprenaient Eminem avec la foule. Et surtout la Main Stage, celle où on a passé le plus clair de notre temps vu nos affinités musicales.

Jeudi soir, le lieu se réveille. On s’installe et nous avons surtout passé cette soirée à découvrir un peu fébriles les lieux tout en essayant de ne pas se perdre sur le site qui a des allures assez irréelles. Le vendredi matin, après une petite baignade rafraichissante, c’est avec Benjamin Clementine que nous entamons vraiment les festivités. L’anglais, repéré dans le métro parisien et connu pour chanter pieds nus avec une voix à la Nina Simone, lance sa voix face à son piano, et même s’il reste toujours dans cette même mouvance nostalgico-dramatique, c’était bien agréable. Nous poursuivons avec d’autres noms qui nous auront plus au moins marqués, jusqu’au Brandt Brauer Frick Ensemble, ovni tout droit venu de Francfort qui nous offre une techno acoustique jouée avec des instruments classiques. Ce qui donne une scène remplie de treize musiciens qui se lancent dans des morceaux absolument obnubilants. Damian Lazarus & The Ancient Moons arrive ensuite et nous sommes un peu dubitatifs quant à son enchainement à ce moment-là. Ce nouveau projet du DJ et producteur anglais qui me titillait avec ses histoires de « faire un album pour les déserts, jungle et l’amour cosmique » et son titre « Lovers’ Eyes » chanté par trois belles voix de pakistanais auront été le seul moment pas trop dans le cliché du clubbeur-qui-fait-de-la-musique-du-monde. Mais bon, soit, nous sommes dans le pays où ça passe quand même, et la foule pailletée commence à se réunir en frétillant de plus en plus. 

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 Il est maintenant l’heure pour Nils Frahm d’entrer sur scène. Oui vous connaissez ce nom, ce berlinois qui monte et parsème actuellement tous les festivals de son éléctro piano. J’avais pu l’entrevoir à Dour, et j’ai été très contente de voir sa prestation complète cette fois-ci. Il faisait encore jour, alors nous n’avons pas eu droit aux rayons à travers la fumée pour le côté esthétique, mais nous avons pu apprécier ses envolées spatio-temporelles, qu’elles soient électroniques ou acoustiques. Pour un set tout en montée, il alternait ses deux médiums avec brillo, mais avec tout de même le regret qu’il ne finisse pas par une fusion plus forte entre les deux entités. Le gars réussit quand même à ramener ses compos au  piano seul devant un public en plein après-midi et nous tenir en haleine, et ça c’est plutôt bon signe. Quoiqu’il en soit, je suis curieuse d’ entendre son évolution avec cette palette de sons.

Le soleil se couche et la plaine commence maintenant à être vraiment dense. Pas très étonnant, une des grandes têtes d’affiches de cette année, Björk, se prépare en coulisse. Son nouvel album Vulnicura sorti en janvier dernier (suite à une fuite numérique, il était d’abord prévu pour mars), est d’après les plus grands fans beaucoup plus calme et traditionnel musicalement que ce à quoi elle nous a toujours habitué. Clairement centré sur sa famille et sa récente rupture avec Matthew Barney, cette tournée s’annonçait déjà sous un jour intimiste. Nous apprendrons plus tard que nous avons assisté à la dernière date de sa tournée, ayant annulé ses dernières dates après le Wilderness. Comme toujours bien entourée, un ensemble de violonistes et autres musiciens l’ont accompagnés dans la revisite habituelle de ses classiques englobés dans ses nouveaux morceaux. En robe rouge de velours plaquée d’un rond en résine du créateur Markus Wernitznig et d’un masque brodé de « cordes vocales » par J. T. Merry venant tout droit du règne animal et avec un vijing de gros plans d’insectes, elle s’est présentée aussi fragile et tremblante que forte et puissante, muscles et voix tendus tout du long. On commence avec des lance-flammes à l’arrière de la scène en rythme, pour finir en gros final feux d’artifices et fumigènes roses qui surplomberont carrément la scène et l’audience. Sortis de là, nous avons tenté de danser dans un des bars qui passait de la musique, mais le cœur n’était pas à la danse… Allons plutôt regarder les étoiles.

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Nous enchainons donc sur le samedi où nous aurons parcouru le site, testant de nouveau les différentes victuailles et regardant des gens essayer d’enlever les chaussettes de leurs adversaires sur un sol glissant, entre autres. Beaucoup de choses à voir, évidemment des immenses étalages de milles magasins qui vendent des bulles, des déguisements, des noix de coco ou des paillettes de douches. Oui, nous sommes bien dans un festival. Nous passerons devant plusieurs scènes, la musique sera agréable mais surtout ambiante pour cette journée-ci. L’éléctro-funk rythmée et originale de Ibibio Sound Machine nous aura quand même bien retenu à danser sous le soleil, et nous avons beaucoup ri et dansé avec Hercules And Love Affair et leur monde si joli. Mais ce soir, ce qu’on attend, c’est le tout grand Georges Clinton, en toute simplicité l’un des pères fondateurs de la musique funk avec James Brown et Sly Stone. Et ils ne seront pas moins de dix-sept sur scène pour chauffer l’ambiance, avec chacun des rôles assez flous (quoique certains lancés de cheveux était impressionnant) mais absolument tous nécessaires. Avec un grand oui pour le danseur en moumoute blanche coiffé d’un grand chapeau en moumoute lui aussi, et n’ayant pour haut que la ceinture strassée « Nose », qui avec son déroulé de tablette nous a envahi de tout le panache que seule la funk peut donner. Hyper généreux, Georges Clinton se place comme un chef d’orchestre qui pointe du doigt qui regarder et écouter en hochant la tête. Du charisme comme on en fait plus, et puis voilà une foule en délire et des rappels à la pelle comme on en fait plus.

Après ceci, le Wilderness a pour son samedi soir prévu une surprise; l’intention est bonne, toujours, bien que c’était un cheveu sur la soupe un peu compliqué à décoder (tout comme cette phrase en fait). Commençons par une immense, mais genre immense marionnette rétro-éclairée qui traverse la foule sous une sorte de noise marine. Puis voilà qu’un certain nombre de personnes en combinaisons blanches sont suspendues les unes sur les autres au-dessus de la foule exécutant des figures. Pourquoi pas ? Mais pourquoi, pourquoi, finir tout ça avec un mauvais flamenco festif rouge tomate? Bref, dubitatives… Fuyons ! Soit, ce soir, nous irons danser au travers du son new-orleans et écouterons moult groupes cachés dans la jungle de ces tentes multicolores en faisant des cabrioles sur le chemin d’une tente auto-portée par le nombre beaucoup trop grand de danseurs à l’intérieur. L’affiche du dimanche ne nous ayant pas inspirés, nous le passerons  à se promener une dernière fois sur le site, et à convaincre les anglais que le stop c’est un truc qui se fait encore. Chacun ses défis !

L’aventure dans l’Oxforshire se termine,  et c’est bronzée et aérée que je regagne la terre belge. Aloha Bruxelles, il paraît que cet été il y a plein de choses à faire par ici… J’arrive !

Mmaelle

 

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