Windhand à l’Ancienne Belgique (17/03/2019)

54517996_326325934692055_869923231845318656_nNous sommes dimanche, le jour où habituellement je m’éloigne de Bruxelles. Mais ce soir, dans ma configuration préférée (le Club), l’AB nous propose une soirée riche en guitare sous-accordée et en basse assez lourde pour réveiller les morts, alors difficile de passer à côté ! Mais une question demeure : bro’, do you even fuzz ?

Depuis maintenant un peu plus de deux ans que j’ai rejoint l’équipe de CAPDB j’ai gardé une habitude avant de me rendre à un concert : à moins que j’aille voir un groupe que je connais vraiment bien, je me renseigne très peu sur lui (en dehors de leur musique, ça va de soi) et ses performances musicales afin de me ménager la surprise lorsque je les découvre sur scène. Idem pour les groupes en première partie. On peut dire que la méthode est la bonne car la surprise fut au rendez-vous en ce dimanche soir.

Tout d’abord, parlons un peu de Grime, groupe de sludge/doom-death italien qui ouvre la soirée. Je débarque dans le Club avec une bonne demi-heure de retard (merci la STIB et vos travaux surprises sur la ligne de tram qui mène à la Bourse) et n’assiste qu’aux cinq dernières chansons du set mais quelles chansons mazette ! Un pur concentré de riffs ultra sales, de basse plus lourde que des blagues d’un tonton raciste bourré et une batterie qui fait la pluie et le mauvais temps, alternant des passages qui font plus penser à un bucheron coupant un arbre et des passages casse-cous à grand renfort de blast beats ou de double pédale monolithique. C’est simple, on n’a pas droit à un seul moment de repos et les morceaux s’enchainent de manière fluide, sans trop de flottement, ce qui achève de nous maintenir la tête sous l’eau pendant toute cette fin de concert. Malheureusement, étant arrivé vraiment fort tard et me retrouvant coincé juste à côté de la porte, je n’ai de cesse d’être sorti de cette ambiance poisseuse au possible par les gens qui entrent et sortent et me bousculent au passage. Mais ce n’est pas grave, le rendez-vous est pris pour un éventuel nouveau passage en Belgique.

190317windhandwindhand-joeywharton-1-2Quid de Windhand maintenant ? Avant que le concert ne commence, je m’imaginais vivre un moment quasi mystique comme avait pu l’être le concert de Elder presque un an auparavant dans cette même salle. Après une musique d’intro type film d’horreur à la limite du bon goût, je comprends que ce ne sera pas le cas. En effet, les gars s’installent tranquillement sur scène et prennent le temps d’allumer quelques bâtons d’encens (seul élément « mystique » de la soirée) avant de s’y mettre. Après, on ne peut pas se plaindre, tout est réalisé d’une main de maître et mon manque de renseignement sur les live du groupe ainsi que sa formation me réserve une autre surprise : le chanteur est en fait une chanteuse, ce qui ne m’avait pourtant pas sauté aux oreilles lors de mes différentes écoutes de leurs albums, supposant qu’un membre du groupe avait une voix définitivement très agréable à écouter et relativement douce par rapport au chaos ambiant. Voilà, c’est dit, maintenant vous pouvez m’incendier. D’ailleurs cette voix ne m’avait jamais semblé aussi féminine, tout en gardant cet élément terriblement puissant dans sa voix, ce qui souligne la performance vocale de Dorthia Cottrell; car pour le reste je ne suis pas entièrement convaincu. En effet, elle passe un temps con à tourner le dos au public et à ne laisser transparaitre aucune émotion, presque comme si elle se faisait chier à être là. Alors oui, je m’émerveille quand Colin Van Eeckhout le fait, mais le contexte est complètement différent et le manque de « rituel » ou de « mysticisme » n’aide pas (mon dieu, que j’ai l’air d’être puriste). Ajoutez aussi à ça un temps de flottement quasiment systématique entre chaque morceau (à l’exception de l’enchainement « Grey Garden » et « Orchard ») et vous voilà à vous demander si oui ou non vous resterez jusqu’au bout. Évidemment, tout n’est pas noir, le son est comme souvent dans le Club impeccable, ce qu’on n’imagine pourtant pas simple quand on se tape un groupe qui fait autant joujou avec son fuzz et avec des instruments à fond de balle. Et puis les musiciens font preuve d’une maitrise sans faille qui nous fait décoller pendant près d’1h30 tout en nous faisant headbanger avec grand plaisir au fil d’une setlist dont aucun morceau n’est (pour moi) à jeter.

Aussi, la blague de Dorthia Cottrell avant d’entamer « Winter Sun » (aka la meilleure chanson afin de terminer le concert selon moi) m’aura laissé sur une note positive : « There’s still enough whisky in my glass for one last song!« .

Maxime S.

Setlist

Old Evil // Diablerie // First To Die // Forest Clouds // Grey Garden // Orchard // Halcyon // Feather // Red Cloud // Cassock // Winter Sun

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